La PDA en pharmacie

uelles perspectives pour un modèle économique durable ? La préparation des doses à administrer (PDA) s’inscrit progressivement dans l’évolution des pratiques de dispensation en pharmacie.

Quelles perspectives pour un modèle économique durable ?

La préparation des doses à administrer (PDA) s’inscrit progressivement dans l’évolution des pratiques de dispensation en pharmacie. En préparant les traitements de manière personnalisée, selon les prescriptions et les moments de prise, elle peut contribuer à renforcer la sécurité du circuit du médicament et à faciliter le suivi de certains patients.

Pour les officines, la question est toutefois plus large que celle de l’organisation pratique : comment développer la PDA dans un modèle économiquement durable ?

Aujourd’hui, plusieurs pistes se dessinent : meilleure organisation des flux, automatisation, mutualisation, évolution des pratiques de dispensation et réflexion sur la rémunération. Autant de facteurs susceptibles de faire évoluer progressivement le modèle.

La PDA, une activité qui répond à des besoins croissants

La PDA consiste à préparer, pour un patient donné, les doses de médicaments correspondant à son traitement et aux différents moments de prise.

Elle peut être particulièrement pertinente lorsque la complexité des traitements rend leur gestion plus difficile, notamment chez certains patients âgés ou polymédiqués.

Le pharmacien conserve un rôle central dans ce processus. La préparation intervient dans le cadre de l’acte de dispensation, qui comprend notamment l’analyse pharmaceutique, le contrôle des traitements et le conseil au patient.

Le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens rappelle d’ailleurs que la PDA doit être réalisée dans des conditions permettant notamment la qualification des personnes intervenantes et la traçabilité des médicaments. Elle ne peut pas être mise en place de manière systématique ou généralisée et doit respecter le libre choix du patient.

Cette exigence de qualité explique aussi pourquoi la PDA constitue une activité à part entière, nécessitant une organisation adaptée.

Un modèle économique encore en construction

La principale difficulté économique tient au fait que la PDA mobilise des ressources qui ne correspondent pas toujours à une rémunération spécifique.

La Cour des comptes indique ainsi que la PDA officinale ne fait actuellement pas l’objet d’une tarification particulière par l’Assurance Maladie. Sa rémunération s’inscrit dans les modalités habituelles de l’acte de dispensation.

Les pharmaciens disposent par ailleurs d’un ensemble d’honoraires de dispensation et de rémunérations associées à différentes missions. L’Assurance Maladie a encore fait évoluer ces dispositifs en 2026, notamment pour certaines catégories de patients.

Pour autant, la PDA nécessite du temps et une organisation spécifiques : analyse des prescriptions, préparation, contrôles, traçabilité, gestion des modifications de traitement et coordination avec les professionnels concernés.

L’enjeu consiste donc à faire progressivement correspondre la valeur apportée par la PDA avec les moyens nécessaires à sa réalisation.

Le volume et l’organisation peuvent changer l’équation

Toutes les officines ne disposent pas des mêmes conditions pour développer une activité de PDA.

Le nombre de patients concernés, la fréquence des préparations, l’organisation de l’équipe ou encore les équipements disponibles peuvent modifier sensiblement le coût de chaque préparation.

Une activité suffisamment structurée peut permettre de mieux répartir certains coûts fixes et de rationaliser les différentes étapes du processus.

Cela suppose toutefois de disposer d’une organisation adaptée : espaces dédiés lorsque cela est nécessaire, procédures de contrôle, gestion des prescriptions et outils permettant de suivre efficacement les préparations.

La réflexion économique porte donc autant sur l’organisation du travail que sur la rémunération de l’activité.

L’automatisation ouvre de nouvelles perspectives

L’automatisation constitue l’un des leviers susceptibles de faire évoluer l’organisation de la PDA.

Certaines étapes répétitives peuvent être prises en charge par des équipements et des logiciels spécialisés. La préparation automatisée peut notamment contribuer à standardiser les processus, à renforcer la traçabilité et à limiter certaines manipulations manuelles.

Le principe de PDA automatisée est d’ailleurs déjà identifié dans les référentiels professionnels : elle peut s’appuyer sur des procédés robotisés pilotés informatiquement et associés aux systèmes d’aide à la prescription ou à la dispensation.

L’objectif n’est pas de remplacer l’expertise pharmaceutique. Au contraire, l’automatisation peut permettre de consacrer davantage de temps aux étapes nécessitant une intervention professionnelle : analyse des traitements, contrôle, gestion des exceptions et accompagnement du patient.

D’un point de vue économique, l’intérêt dépend naturellement du niveau d’activité et du coût global de l’équipement. Une automatisation pertinente doit donc être étudiée à partir du fonctionnement réel de chaque officine.

La mutualisation, une autre piste pour développer la PDA

Une autre évolution possible concerne la mutualisation de certaines activités.

Dans son rapport publié en 2025 sur la délivrance des médicaments à l’unité, la Cour des comptes a proposé d’expérimenter en 2026 des dispositifs de mutualisation ou de sous-traitance de la PDA, notamment afin de permettre aux officines de proximité de participer davantage au suivi des traitements chroniques.

Cette approche pourrait être particulièrement intéressante pour les pharmacies dont le volume de PDA ne justifie pas, à lui seul, une organisation entièrement dédiée.

Elle ouvre la voie à différents modèles : mutualisation de moyens, organisation territoriale ou recours à des structures spécialisées, tout en maintenant le pharmacien de proximité au cœur de la relation avec le patient.

Il ne s’agit donc pas nécessairement de choisir entre « faire toute la PDA soi-même » et « ne pas faire de PDA ». De nouveaux modèles intermédiaires pourraient progressivement apparaître.

Le numérique peut également faciliter le développement de la PDA

La qualité des données constitue un autre enjeu important.

Une prescription structurée et des informations fiables sur les médicaments, les doses, les horaires et les modifications de traitement peuvent faciliter le contrôle et limiter les ressaisies.

Cette évolution numérique peut contribuer à fluidifier les échanges entre les différents outils utilisés dans le parcours du médicament.

Pour la PDA, l’enjeu est particulièrement important : une modification de traitement doit pouvoir être identifiée rapidement et intégrée dans le processus de préparation.

Le développement de systèmes plus interopérables pourrait ainsi réduire certaines tâches administratives et améliorer la traçabilité, tout en laissant au pharmacien la responsabilité des contrôles nécessaires.

Une activité qui pourrait trouver progressivement sa place dans le modèle officinal

La question économique de la PDA ne se résume donc pas à l’existence ou non d’une rémunération spécifique.

Elle dépend d’un ensemble de paramètres : volume d’activité, organisation des équipes, équipements, automatisation, mutualisation, outils numériques et modalités de financement.

Le contexte montre par ailleurs que le sujet fait l’objet d’une réflexion institutionnelle. La Cour des comptes a proposé de mieux encadrer juridiquement et tarifairement la PDA réalisée par les pharmaciens d’officine et d’expérimenter de nouvelles organisations.

Ces propositions ne constituent pas encore un nouveau modèle économique généralisé. Elles montrent néanmoins que la PDA fait partie des activités pour lesquelles le modèle de dispensation pourrait continuer à évoluer.

Vers une PDA plus structurée et plus accessible aux officines ?

La PDA répond à des besoins qui pourraient continuer à prendre de l’importance avec l’évolution démographique, la complexification de certains traitements et le développement de la prise en charge à domicile et en établissement.

Son développement en officine devra toutefois rester associé à des exigences fortes de sécurité, de traçabilité et de responsabilité pharmaceutique.

La perspective la plus intéressante pourrait alors être celle d’un modèle combinant expertise du pharmacien, organisation adaptée, outils numériques et automatisation lorsque celle-ci est pertinente.

L’enjeu n’est donc pas simplement de rendre la PDA moins coûteuse. Il s’agit de construire les conditions permettant aux officines de proposer ce service dans un cadre sécurisé, organisé et économiquement soutenable.

À mesure que les pratiques, les technologies et les modalités de rémunération évoluent, la PDA pourrait ainsi progressivement trouver une place plus structurée dans l’activité officinale.

La question n’est peut-être plus seulement de savoir si la PDA a un avenir en pharmacie, mais comment son organisation peut évoluer pour accompagner durablement les besoins des patients et des professionnels de santé.

uelles perspectives pour un modèle économique durable ?

La préparation des doses à administrer (PDA) s’inscrit progressivement dans l’évolution des pratiques de dispensation en pharmacie.

Sources